8 heures ce samedi matin 1er novembre, je passe à la boucherie Michel, sur la place. Je voudrais un saucisson, mais ceux qui sont là me paraissent trop frais :

- vous n'en avez pas des plus faits ?

- Oh, en ce moment, avec les champignons on n'arrive pas à en tenir !

- Comment ça ?

- Ben, avec ce qu'il y a comme champignons, les ramasseurs sont nombreux et en passant ils achètent des saucissons. Donc on  n'arrive pas à suivre !

Il paraît clair qu'il y a des champignons. Mon frère est là ce WE. Comme on s'est levés tôt nous voilà « partis aux champignons ».

Nous montons au dessus de Bertranet. Il faut trouver une forêt orientée vers l'est. Pour l'instant, on voit déjà une profusion de champignons non comestibles, c'est un signe positif. Plus haut, j'ai un coin bien identifiable où je commence toujours: si je n'en trouve pas là, c'est que j'en trouverai pas.  Ça tombe bien, mon frère trouve une première girole.

Nous partons sur le versant bien à l'est et là, tout d'un coup, giroles, trompettes de la mort et pieds de mouton nous attendent. A quatre, nous allons en sortir entre 3 et 4 kg en une heure.

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Le lendemain, nous faisons une autre tentative pour trouver des ceps ce coup-ci. Il est un peu tard dans la saison, mais sait-on jamais. Nous montons à 6 cette fois direction Revest-du-Bion, puis direction Caladaire. Nous garons la voiture loin des regards.

Ici, des gens possèdent des hectares de forêts, les panneaux d'interdiction de ramasser l'attestent. Nous attaquons dans des pins où autrefois j'avais trouvé des montagnes de ceps. Mais aujourd'hui, la saison semble passée, rien. Je me risque à nouveau vers l'est, dans un bois de chênes. Et là comme hier, giroles et pieds de moutons nous attendent. Nous retournons à la voiture où nos compagnons nous attendent pour rentrer. Ils n'ont pas de champignons !

- Et alors ?

- un paysan est passé, est sorti furax de sa voiture : « vous m'avez volé mes champignons, ici c'est chez moi, vous auriez pu demander... » Puis il les a pris d'autorité et est parti !

- Et nous on s'est retrouvés nez à nez avec des chasseurs qui tiraient sur des sangliers alors on est rentré dare dare !

Mon frère a essayé son humour sur l'homme: « le Provencal n'est pas très partageur » mais sans résultat.

Les champignons c'est fameux mais à Banon ou dans le coin on est toujours chez quelqu'un. Donc soit on ramasse en douce, soit on demande l'autorisation.